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Les demandes de rétractation à l'endroit de l'abbé de Nantes

Ces demandes de rétractations répétées de la part de l'Eglise, tant de la part de l'Evêque de Troyes que des instances romaines, restèrent toujours "lettre morte". Elles sont pourtant essentielles aux yeux de l'Eglise, et sont toujours d'actualité.

 

L'abbé de Nantes et ses adeptes

 

Le 23 mai 1969, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi fait une première demande de rétractation auprès de l'abbé de Nantes

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi délègue le 23 mai 1969 le cardinal archevêque de Bourges, Mgr Joseph Lefebvre, ancien évêque de Troyes, pour tenter une nouvelle fois de rencontrer l'abbé de Nantes à l'évêché de Troyes, pour le ramener à l'ordre et à la raison.

Non seulement l'abbé refuse de se rétracter, mais il se pose en juge du cardinal et quitte la salle.

Le 11 juillet 1969, La Congrégation pour la Doctrine de la Foi tente une dernière fois de convaincre l'abbé de Nantes, de se soumettre à la décision officielle de ce dicastère romain auquel il avait été le premier à faire appel.

Une demande solennelle de rétractation lui est alors adressée. Mais l'abbé refusera de la signer. En voici le texte:

"Je déclare me soumettre à tous les actes doctrinaux et disciplinaires de S.S. le Pape Paul VI et du Concile ocuménique Vatican II. J'adhère à tous les enseignements du Pape et du Concile selon que le requiert la nature de ces enseignements et compte tenu de l'intention du Pape et du Concile (cf Lumen Gentium, n° 25)

Je rétracte les graves accusations que je n'ai pas craint de propager contre les actes du Souverain Pontife et du Concile. J'exprime mon sincère regret pour ces imputations. Mais je tiens spécialement à désavouer l'accusation d'hérésie portée contre le Pape Paul VI et la conclusion aberrante que j'en ai tiré sur l'opportunité de sa déposition par les cardinaux.

A mon évêque et à l'épiscopat de ma nation, je promets d'obéir selon les normes canoniques.

Je m'engage à parler et à écrire toujours avec respect des actes et des enseignements du Pape, du Concile et des évêques."

Dans sa réponse datée du 16 juillet 1969, l 'abbé de Nantes non seulement répond par un refus catégorique, mais " il y récuse le droit de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi d'exiger de lui une soumission, et il confirme ses possibilités antérieures concernant le Concile, l'aggiornamento de l' Eglise, l'épiscopat français, les "hérésies" de Paul VI et l'appel adressé au clergé romain en vue de sa déposition canonique ".

En conséquence, le 9 août 1969, la Congrégation pour la Doctrine de la foi prend " acte de ce refus opposé à sa légitime autorité, et constate avec une extrême tristesse qu'en se révoltant de la sorte contre le Magistère et la hiérarchie catholique, M. l'abbé de Nantes disqualifie l'ensemble de ses écrits et de ses activités , par lesquels il prétend servir l' Eglise tout en donnant l'exemple de la révolte contre l'épiscopat de son pays et contre la Pontife romain lui-même.

Réunis en congrégation ordinaire, les cardinaux de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi ont donc décidé de rendre publique la présente notification et le Saint-Père a daigné approuver cette décision. " (Voir texte intégral dans la partie "Bibliothèque")


Le 13 mai 1983, la Congrégation pour la doctrine de la foi renouvelle sa demande de rétractation auprès de l'abbé de Nantes

A la suite du dépôt du libelle d'accusation pour hérésie portée par l'abbé de Nantes contre le Pape Jean-Paul II, la Congrégation pour la doctrine de la foi déclarait dans une notification datée du 13 mai 1983 :

"Mgr Jérôme Hamer, secrétaire de la S. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a déclaré à M. l'abbé de Nantes :

Qu'il refusait dans les termes les plus nets de recevoir son libelle, parce qu'il n'était pas possible d'accepter les accusations injustifiées et gravement offensantes contre le Saint-Père, pas plus que celles qui avaient été formulées depuis longtemps contre le Saint-Père, pas plus que celles qui avaient été formulées depuis longtemps contre le Pape Paul VI, notamment dans un écrit analogue datant de 1973 ;

Que la publication et la diffusion de ce libelle constitueraient une grave violation des devoirs de l'abbé de Nantes en tant que chrétien , et plus encore en tant que prêtre , et que le secrétaire de la congrégation pour la Doctrine de la Foi avait, en vertu de sa fonction, le ferme devoir de la lui interdire et le lui signifiait formellement.

Que la S. Congrégation pour la Doctrine de la foi attendait toujours de lui la rétractation de ses erreurs et des accusations d'hérésie portées par lui contre le Pape Paul VI et le deuxième Concile du Vatican, rétractation qui lui avait été demandée après l'examen de ses écrits, fait à sa demande, et ses comparutions des 25 et 29 avril, 3 mai et 5 juillet 1968.

Que, tant que cette rétractation n'aura pas été faite et tant qu'elle ne portera pas également sur les attaques de même nature contre la personne de Sa Sainteté Jean Paul II, on ne pourra pas croire au sérieux du désir de réconciliation que lui-même a manifesté à deux reprises, en 1978 et en 1981, et que le Saint-Pèr
e demeure toujours disposé à accueillir."

L'abbé de Nantes et sa communauté ont continué la publication et la diffusion de son libelle d'accusation malgré l'interdiction. Aucune rétractation n'a eu lieu jusqu'à ce jour. Il ne s'est pas rétracté malgré cette nouvelle demande formelle. L'état de grave désobéissance se prolonge encore aujourd'hui, puisque la S. Congrégation pour la Doctrine de la Foi attend toujours cette rétractation.

Le 7 octobre 2000, le Tribunal Suprême de la Signature Apostolique, tout en rejetant le dernier recours de l'abbé de Nantes, revenait entre autres sur cette demande de rétractation en citant entre autres les paragraphes n° 3 et n° 4 de la déclaration de Monseigneur Hamer (ci-dessus), montrant ainsi que loin d'être un point négligeable, cette demande de rétractation est essentielle, et toujours d'actualité.

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