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Déclaration de l'évêque de Troyes au sujet de monsieur l'abbé de Nantes

Déclaration de Monseigneur Gérard Daucourt
27 juillet 1996

Comme évêque de Troyes, je reçois régulièrement des plaintes au sujet de Monsieur l'abbé de Nantes.

Après les avoir examinées avec soin et après avoir recueilli plusieurs témoignages écrits et dûment signés, en vertu des pouvoirs et de la charge qui m'ont été confiés pour défendre avec fermeté l'intégrité et l'unité de la foi catholique, j'interviens maintenant par la présente déclaration pour le bien des âmes et le salut de tous dans les matières qui sont de ma juridiction.

Monsieur l'abbé de Nantes enseigne des doctrines qui sont en contradiction avec la foi catholique. Prêtre suspens a divinis dans le diocèse de Troyes, il continue d'y célébrer la messe, non en son particulier, mais en agissant comme s'il était revêtu d'un office : messes de communauté, messes de réunions familiales, etc. Or ce droit lui est formellement retiré. Alors que la suspense le prive de tout pouvoir de gouvernement, il s'arroge la direction des âmes et des deux communautés qu'il a rassemblées, d'où des abus qui se sont glissés dans l'exercice de la fonction qu'il s'est donnée lui-même. A cette usurpation s'ajoutent des pratiques réprouvées et sanctionnées de tous temps par l' Eglise : des personnes en ont été justement scandalisées.

Depuis longtemps, monsieur l'abbé de Nantes reçoit des voux et prétend fonder un institut et un tiers-ordre "sous réserve de l'accord de l'évêque". Je dénonce et interdis cette formule qui constitue une tromperie à l'égard des familles comme des jeunes gens ou jeunes filles qui s'engagent.

Depuis une trentaine d'années, Monsieur l'abbé de Nantes a cru devoir et pouvoir engager un débat de fond qui s'est transformé en accusation d'hérésie à l'égard des Papes Paul VI et Jean-Paul II, de l'enseignement du deuxième Concile du Vatican et du Catéchisme de l' Eglise catholique. Ce débat et ces accusations relèvent de l'autorité romaine et ne sauraient couvrir les erreurs et dérèglements actuels qui touchent à des matières relevant de ma juridiction. Ils ne sauraient non plus constituer une question préalable à l'examen de l'enseignement et de la conduite de Monsieur l'abbé de Nantes qui relèvent d'un jugement direct et immédiat de l'Ordinaire.

Avec une pureté d'intention dont je ne veux pas douter, de nombreuses personnes ont mis leur confiance en l'abbé de Nantes. Elles ont manifesté un grand dévouement, des trésors de piété et de générosité et une volonté sincère d'être fidèles à la foi catholique. En certains domaines, Monsieur l'abbé de Nantes lui-même a voulu sincèrement faire du bien et a pu l'accomplir. Personne ne doit en douter, mais personne ne doit ignorer non plus qu'actuellement des faits graves, répétés et contraires à la foi et à la discipline catholiques ont été portés à la connaissance de l'évêque du lieu.

Le premier devoir de toutes personnes concernées directement ou indirectement par cette si triste affaire est celui de la prière pour Monsieur l'abbé de Nantes auquel j'écris également ces jours-ci.

Toutes ces personnes ont en conscience à prendre la décision de ne plus avoir d'autre lien avec lui que celui de la prière et de la charité. Je ne fais que rappeler ici ce qu'avait déjà demandé, le 11 février 1965, Monseigneur Julien Le Couëdic, alors évêque de Troyes.

Toutes ces personnes ont le devoir d'informer celles qui l'ignoreraient, de la démarche que j'entreprends par la présente déclaration.

Toutes ces personnes peuvent être assurées que je porterai la plus grande attention à leur vie spirituelle, à leurs souffrances et à leurs espérances afin qu'elles puissent suivre fidèlement Notre Seigneur Jésus-Christ, dans la pleine communion de sa Sainte Eglise."

Troyes, le 27 juillet 1996

Gérard DAUCOURT,
Evêque de Troyes.

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