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Déclaration de l'évêque de Troyes au sujet de monsieur l'abbé de Nantes et des communautés qu'il a rassemblées

Déclaration de Monseigneur Gérard Daucourt
6 mars 1997

Le 27 juillet 1996, j'ai publié une mise en garde au sujet de certaines doctrines enseignées par l'abbé de Nantes et qui sont en contradiction avec la foi catholique notamment en ce qui concerne la Sainte Trinité, la Vierge Marie et la Sainte Eucharistie. Je prends soin, une fois encore, de faire remarquer que ces erreurs sont tout autre chose que les accusations inouïes d'apostasie ou d'hérésie que le même abbé de Nantes porte à l'égard des papes Paul VI et Jean-Paul II et de l'enseignement du deuxième concile du Vatican.

Dans cette même mise en garde, je rappelais que l'abbé de Nantes usurpe un ministère de prédication et de célébration qui lui a été formellement retiré dans notre diocèse par la suspense a divinis qui le frappe depuis le 26 août 1966. Je précisais : "alors que la suspense le prive de tout pouvoir de gouvernement, il s'arroge la direction des âmes et des deux communautés qu'il a rassemblées, d'où des abus qui se sont glissés dans l'exercice de la fonction qu'il s'est donnée lui-même. A cette usurpation s'ajoutent des pratiques réprouvées et sanctionnées de tout temps par l' Eglise : des personnes en ont été justement scandalisées".

Le 27 juillet, j'écrivais également une première lettre personnelle à l'abbé de Nantes précisant mes accusations et proposant de le rencontrer et de rencontrer ses communautés. Le 1er août, l'abbé de Nantes se présentait à l'évêché et je le recevais aussitôt. Après cet entretien au cours duquel il ne nia aucune des accusations qui étaient portées contre lui, je lui écrivis une deuxième lettre personnelle pour lui demander d'obéir au plus tôt et de se retirer dans le silence et la discrétion. Je lui offris mon aide pour trouver un lieu d'accueil. Dans l'échange de courrier qui devait suivre, il s'est engagé à plusieurs reprises à partir sans retour et m'a demandé de prendre soin de ses communautés, les présentant comme "une grosse machine à arrêter" par "frère" Bruno (lettre du 6 août 1996). Le 23 septembre suivant, il était accueilli au monastère d'Hauterives près de Fribourg (Suisse), acceptait par écrit de cesser tout contact avec l'extérieur, sauf la correspondance indispensable avec sa belle-sour par l'intermédiaire du Chanoine Zirnhelt, secrétaire de l'évêché.

Le 14 décembre, il écrivait encore à ce dernier : "je suis seul mais c'est la seule solution acceptable". Le 3 janvier, l'abbé de Nantes était de retour à Saint-Parre-lès-Vaudes se remettant dans la désobéissance et reniant les engagements qu'il avait pris à l'égard de l'autorité de tout quitter sans retour. Le 31 décembre 1996, il m'écrivait une longue lettre qui me parvint après son départ d'Hauterive où des membres de sa communauté étaient allés le chercher. Prétextant de ma part "un projet évident de dispersion et de destruction de ses communautés", il reprenait ses accusations de toujours contre les papes et le concile mais ne soufflait mot des accusations qui étaient portées contre lui et qui avaient motivé mon intervention du mois de juillet et son départ.

Dans le courrier concernant les évènements qui se sont déroulés depuis juillet 1996, le bulletin de la Contre-Réforme Catholique - particulièrement les n° 325 et 330 - a choisi de publier telle lettre et pas telle autre, des commentaires qui ne correspondent pas à la réalité et même des récits d'évènements qui n'ont jamais eu lieu. C'est pourquoi j'ai décidé de rendre public l'échange de correspondance que nous avons eu, moi-même ou le secrétaire de l'évêché avec l'abbé de Nantes ou avec ses communautés depuis ma déclaration du 27 juillet 1996 (sauf mes deux premières lettres personnelles à l'abbé de Nantes). Ces documents constituent un fascicule que l'on pourra se procurer à la maison diocésaine (12, rue de l'Isle à Troyes) à partir du 12 mars.

En ce qui concerne les communautés rassemblées par l'abbé de Nantes, je rappelle qu'elles ne sont pas reconnues par l'Eglise comme des communauté religieuses canoniques, qu'elles constituent des associations de fidèles laïcs, soumises à l'autorité de l'évêque qui doit exercer sur elles sa vigilance (canon 305), que personne à aucun moment, en leur sein, n'a reçu autorité de l' Eglise pour les diriger, qu'elles sont maintenant dans la désobéissance pour avoir refusé un visiteur que l'évêque leur demandait de rencontrer pour tenter de progresser vers une régularisation canonique de leur situation.

Je me réserve la possibilité d'intervenir encore prochainement en d'autres domaines concernant les écrits et comportements de l'abbé de Nantes et de ceux qui le suivent.

Je publie la présente déclaration et la correspondance pour accomplir une nouvelle fois mon devoir de prévenir les familles qui s'en remettent encore à l'abbé de Nantes. Si toute cette information parvient aussi dans ses communautés, peut-être certains de leurs membres ouvriront-ils les yeux.

J'écris à nouveau à l'abbé de Nantes et lui demande encore une fois d'obéir.

Que tous ceux qui sont touchés de près ou de loin par cette triste affaire ou s'y intéressant pour une raison ou pour une autre, veulent bien prier pour l'abbé de Nantes et ceux qu'il a égarés.

Troyes, le 6 mars 1997.

Gérard DAUCOURT,
Evêque de Troyes.

Cette déclaration est publiée dans la partie officielle de la revue diocésaine "Eglise dans l'Aube" n° 3 de mars 1997.

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