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Lettre de l'évêque de Troyes aux prêtres et aux religieux

Lettre de Monseigneur Gérard Daucourt
2 juillet 1997

Aux prêtres,
Aux diacres,
Aux supérieur(e)s des communautés religieuses du diocèse,

Vous lirez ci-joint un nouveau texte au sujet de l'abbé de Nantes. Il s'agit de la grave sanction que j'ai prise à l'égard de ce prêtre après plusieurs tentatives de le ramener à ses devoirs et à ses engagements.

La sanction canonique qui frappe l'abbé de Nantes est prise surtout pour clarifier la situation. Les réponses qu'il a faites à mes divers courriers ne permettent pas d'espérer un changement de sa part, mais il reste la force de la prière. Je vous demande de prier beaucoup pour ce prêtre.

Je lui ai demandé en juillet 1996 de quitter notre diocèse et de cesser toute activité. Il fallait montrer clairement que certains points de son enseignement courant et certains de ses comportements à l'égard des personnes qui se confient à lui sont inadmissibles du point de vue de la doctrine et de la morale de l' Eglise. Il m'a obéi. Par la suite, il est revenu sur sa parole reprenant avec violence son combat de toujours contre les Papes, l'enseignement du 2ème Concile du Vatican et le catéchisme de l'Eglise catholique et balayant ainsi les raisons de mon intervention.

La plupart d'entre vous n'aviez pas besoin d'une prise de position de l'évêque pour savoir à quoi vous en tenir quand quelqu'un depuis des années traite les papes Paul VI et Jean Paul II d'antéchrists, d'apostats et d'hérétiques, et qualifie d'hérésie l'enseignement de l'Eglise tout en se prétendant catholique. Mais puisque l'abbé de Nantes incite à nouveau à la rébellion contre la Pape et le fait en des termes si violents et si haineux (un de ses derniers écrits parle de la "secte conciliaire de Jean Paul II"), je me dois de défendre la vérité ainsi que l'honneur du Saint Père et de l' Eglise. J'ai prononcé la sanction que l'abbé de Nantes mérite après l'avoir averti par deux fois qu'il serait frappé s'il ne se rétractait pas et n'obéissait pas.

L'abbé de Nantes prétend qu'il fait appel à Rome qui ne lui a jamais répondu. Il faut savoir que la seule fois où les autorités du Saint-Siège ont tenté officiellement de le rencontrer pour le ramener à l'ordre et à la raison, il les a récusées. C'était le 23 mai 1969 à l'évêché de Troyes lorsque la Congrégation pour la doctrine de la foi a délégué le cardinal archevêque de Bourges, Monseigneur Joseph Lefebvre, ancien évêque de Troyes. L'abbé de Nantes s'est posé en juge du Cardinal et a quitté la salle.

Je crains que ma décision n'amène pas l'abbé de Nantes à modifier son attitude. Mais l'essentiel est qu'elle éclaire encore davantage de personnes parmi celles qui ont cru pouvoir faire confiance à ce prêtre égaré et que soient prévenus tous ceux qui auraient des contacts avec lui ou un membre de ses communautés ou avec la Contre-Réforme-Catholique sans oublier ses camps de jeunes et d'enfants.

J'ai essayé - comme l'abbé de Nantes lui-même me l'avait demandé - de me préoccuper des communautés qu'il a rassemblées à Saint-Parre-Les-Vaudes et de leur proposer des chemins pour devenir de véritables communautés approuvées et reconnues par l' Eglise. Les membres de ces communautés ont opposé un refus à chacune de mes démarches, le dernier constitue un acte grave de désobéissance. Ces groupes sont donc aujourd'hui des associations de fidèles laïcs, de fait. Ils ne sont pas reconnus par l' Eglise comme des communautés religieuses au sens canonique de ce terme et ils sont en état de désobéissance dans l'Eglise.

Encore une fois, je vous demande de prier pour l'abbé de Nantes, pour les membres de ses communautés, pour tous ceux et celles qui ont été ou sont encore victimes de ses enseignements et de ses comportements.

N'allez pas croire que cette triste affaire est la principale de mes préoccupations même si je regrette qu'elle me fasse perdre beaucoup de temps. Ce qui est le plus lourd à porter dans notre diocèse est ailleurs et nous le portons ensemble : ce sont tous les drames que vivent tant de familles de l'Aube, en particulier celui du chômage avec toutes ses répercussions. Dans l'Eglise diocésaine, c'est la passivité de tant de baptisés qui n'ont pas conscience de leur vocation chrétienne, le manque de prêtres, les problèmes et les attentes des jeunes, des étrangers, et des pauvres. Et quoi qu'il en soit, le dynamisme pastoral, l'approfondissement de la foi par la formation, et le renouveau spirituel sont des réalités si fortes de notre diocèse qu'elles nourrissent sans cesse notre foi, notre joie et notre espérance.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence garde vos cours et vos pensées en Jésus-Christ ! (cf Ph. 4, 7)

Gérard DAUCOURT,
Evêque de Troyes.

NB : Pour ne pas laisser croire que nous accordons plus d'importance à cette triste affaire qu'à notre mission, et pour ne pas entretenir la polémique, il est préférable de ne pas publier ces textes mais ils vous seront utiles pour informer clairement les membres de vos communautés. Vous saurez en communiquer l'essentiel quand vous serez interrogés.

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