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Abbé de Nantes. L' Evêque de Troyes publie la décision du Tribunal de la Signature Apostolique

Alors que l'abbé de Nantes vient de défiler à Paris en tête de ses fidèles, Monseigneur Marc Stenger publie la décision de Rome de rejeter le recours du chef de la Contre-réforme catholique.

Monseigneur Stenger n'a pas publié immédiatement la décision du Tribunal de la Signature Apostolique de rejeter le recours entamé par l'abbé Georges de Nantes. Plusieurs mois ont passé depuis cette décision en date du 7 octobre 2000, signe de prudence de la part de l'Eglise qui a peut-être aussi laissé le temps au chef de la Contre-réforme catholique de retrouver le chemin de la discipline face à la hiérarchie. Un espoir vain puisque l'abbé de Nantes, comme nous l'avons déjà indiqué dans notre article du 11 juin, a défilé avec ses "troupes" à Paris à l'occasion de la fête de Jeanne d'Arc. Défilé très ordonné, aux couleurs de la Contre-réforme, en présence de nombreux enfants et jeunes couples. Les lettres de la CRC sont par ailleurs sans équivoque sur sa démarche, l'une des dernières réclamant tout simplement le départ de Jean-Paul II. Un article évoque notamment "l'effrayante trahison de la Chrétienté par son Pasteur suprême", avant de demander en conclusion au "Très Saint Père, pour l'amour de Dieu", de se retirer.

C'est donc dans ce contexte que Monseigneur Stenger communique dans la revue diocésaine sur ce délicat dossier. En préambule, il regrette le fait que l'abbé de Nantes ne soit pas en communion avec lui. "La rupture de communion ne vient pas d'une divergence d'opinion, elle est constatée là où un frère a cessé d'être en accord avec l'Eglise, proférant des doctrines qui vont à l'encontre de la foi catholique, ne reconnaissant plus l'autorité et le discernement de ceux qui dans l'Eglise ont autorité et faculté de discerner, et entraînant d'autres dans son sillage", explique-t-il en substance.

Charité

L'évêque ajoute que le rejet du pourvoir de l'abbé de Nantes "est un acte de vérité ecclésiale qui ne voudrait pas fermer la porte de la charité". Dans son communiqué, il rappelle les grandes lignes des condamnations infligées à l'ancien curé de Villemaur, chef de la communauté du Sacré-Cour figurant parmi les sectes dans le rapport parlementaire publié en 1996. Il évoque la suspens a divinis de 1996, l 'interdiction de l'accès au sacrement d'eucharistie et de pénitence dans le diocèse, un interdit de portée universelle considéré comme une excommunication mineure. Celui-ci repose sur "ses doctrines qui sont en contradiction avec la foi catholique, notamment au sujet de la Sainte-Trinité, de la Sainte Vierge Marie et de la Sainte Eucharistie ", sur son "attitude hostile au Magistère ecclésiastique et à la hiérarchie catholique", enfin sur le fait d' "avoir pris le risque de traduire ses doctrines erronées en comportements moraux inadmissibles de la part d'un prêtre".

Monseigneur Stenger cite aussi les recours hiérarchiques menés devant la Congrégation de la Doctrine de la Foi et enfin devant le Tribunal de la Signature Apostolique qui a décidé d'un rejet "dès le début". "Dès lors, les sanctions établies par le décret de l'évêque de Troyes en date du 1 er juillet 1997 continuent à être en vigueur", conclut-il sobrement dans un texte daté du 21 avril 2001.


Jean-François Laville, Est Eclair, 14 Juin 2001.

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