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Affaire Georges de Nantes : recours rejeté à Rome

Par une décision du 7 octobre 2000, le tribunal suprême de la signature apostolique, à Rome, a bien rejeté le recours de l'abbé Georges de Nantes contre sa suspense a divinis.

L'information donnée dans nos colonnes voilà quelques semaines (E-E. du 23/02) est confirmée. Le recours entamé par l'abbé Georges de Nantes, le chef de la contre réforme catholique installé à Saint Parres-les-vaudes, a bien été rejeté en dernière instance par le tribunal suprême de la signature apostolique, la plus haute instance judiciaire vaticane, qualifié aussi parfois de "tribunal du pape". La décision remonte au 7 octobre 2000, mais l'information n'a pas filtré plus tôt.

Cette décision pourrait mettre un terme à près de trente-cinq ans de procédures, à défaut de mettre un terme au débat théologique. Il faut en effet rappeler que l'affaire Georges de Nantes remonte aux années soixante lorsqu'il a commencé à mettre en cause le bien fondé du Concile Vatican II. L'évêque de Troyes, Mgr Le Couëdic, lui avait alors interdit d'habiter dans le diocèse et lui avait imposé en août 1966 une suspense a divinis .

Egalement, en vertu du droit canon, cette suspense le privait du droit de donner des sacrements. Il était privé de sa fonction sacerdotale englobant l'enseignement, le gouvernement et la sanctification.

Bien entendu, l'ancien curé de Villemaur a fait appel de cette décision. Plaçant le débat sur un plan théologique, il a réclamé à plusieurs reprises qu'un véritable procès soit mené pour pouvoir, au grand jour, expliquer sa doctrine. De son côté, Rome et la Congrégation pour la doctrine de la foi lui ont demandé de rétracter ses accusations d'hérésie portées contre le Pape Paul VI et le Concile. Mais en vain. De fait, la condamnation a été confirmée en août 1969 par une "disqualification". Celle-ci n' a jamais empêché l'abbé de Nantes de poursuivre ses fonctions sacerdotales, en dehors de toute mission de l' Eglise. La congrégation a rappelé que par son refus opposé à l'autorité, et en se révoltant contre la hiérarchie catholique, l'abbé de Nantes "disqualifié l'ensemble de ses écrits et de ses activités par lesquelles il prétend servir l' Eglise".

L'affaire devait connaître un rebondissement en 1997 lorsque l'abbé de Nantes a demandé la révocation de la suspense. Monseigneur Daucourt , alors évêque de Troyes, avait pris un décret en date du 1 er juillet pour confirmer la suspense, lui imposer l'interdit des sacrements d'eucharistie et de pénitence dans le diocèse de Troyes, et lui rappeler l'interdiction de demeurer à Saint Parres Les Vaudes.


Est Eclair, vendredi 22 juin 2001.

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