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Derrière la colonie, une secte

Le camp de vacances de l'abbé Georges de Nantes a été fermé pour graves irrégularités.

Le camp de vacances que les amis de l'abbé Georges de Nantes avaient créé dans une propriété privée du Morbihan n'a pas longtemps profité des beaux jours : il a été fermé, mercredi sur ordre de la Préfecture en raison de graves irrégularités administratives. Le procureur de la République de Vannes a ouvert une information judiciaire pour différentes infractions dont le non-respect des règles d'encadrement des mineurs.

Au début juillet, 170 personnes, dont 136 enfants et adolescents âgés de 6 à 17 ans, se sont installés au château de la Béraye, à Caden, commune rurale située non loin de la vieille cité de Rochefort-en-Terre. Une grande partie des résidents du camp sont venus en famille. 94 enfants étaient encadrés par leurs proches alors qu'une quarantaine de leurs camarades, envoyés par leurs parents, étaient pris en charge par des frères de la communauté du Sacré-Cour. Celle-ci a été créée par l'abbé Georges de Nantes, en rupture avec Rome, à la fin des années 60, à St Parres-lès-Vaudes près de Troyes dans l'Aube. Elle a été classée comme mouvement sectaire par le rapport de la commission d'enquête parlementaire.

Certains des jeunes étaient logés dans le château, les autres dormaient dans un camp de toile dans le parc. En début de semaine, une inspection de la Direction départementale de la jeunesse et des sports ainsi que de la Direction des services vétérinaires a révélé que le camp du château de la Béraye présentait de nombreuses et graves irrégularités.

Les personnes qui s'occupaient des enfants seuls ne possédaient pas les diplômes nécessaires pour encadrer des jeunes. La cuisine et le stockage des aliments n'étaient pas aux normes d'hygiène d'un centre d'hébergement collectif. Les organisateurs avaient négligé de déclarer le séjour aux autorités et n'avaient pas reçu d'habilitation des locaux.

« Les irrégularités constatées sont uniquement d'ordre administratif. Il n'y a rien à reprocher aux organisateurs en terme de traitement des enfants. On ne peut pas laisser les organisateurs d'un camp faire n'importe quoi. Il faut respecter les règles de l'encadrement des mineurs , indiquait, hier, Jean-Sébastien Lamontagne, directeur de cabinet du préfet du Morbihan, soulignant que chaque année 1 200 camps de jeunesse accueillent quelques 45 000 enfants et adolescents dans le département ».

Le camp a donc été fermé mercredi après que la préfecture eut prévenu les familles dont les enfants se trouvaient seuls à la Béraye. Celles-ci sont venues les chercher. D'autres enfants sont repartis pour Troyes, encadrés par des membres de la communauté du Sacré-Cour. Les autres familles ont été autorisées à demeurer à Caden, où des camps d'été avaient déjà été organisés précédemment, et à y poursuivre leur séjour ».


Dominique Hervouet, Le Figaro, 10 juillet 1999.

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