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Un homme discret à Saint Parrès

« Les habitants ont peu l'occasion de rencontrer Georges de Nantes. Personnellement je le vois une fois par an », déclare le maire de la commune.

« Pour ne pas faire de vagues, vivons caché ». Le chef de la contre-réforme catholique, Georges de Nantes, semble avoir fait sien ce dicton.

Il est rare qu'il apparaisse en public dans l'Aube. Les habitants de Saint-Parres-lès-Vaudes ne le voient guère davantage. « Il est très discret. Les rapports sont quasiment inexistants avec les habitants de la commune », déclare le maire, Bernard de la Hamayde. Comme je ne partage pas ses idées, je n'ai aucun contact avec lui. Je le vois une fois par an, sans plus, lorsqu'il vient à la mairie pour régler un problème administratif », ajoute-t-il.

Au dernier recensement, la communauté comptait 35 personnes. « Autant de frères que de sours », précise le maire de ce bourg de 958 habitants.

Comme l'abbé de Nantes n'a pas le pouvoir d'ordonner des prêtres, les membres de sa communauté s'appellent des frères, à l'image de celui qui dirigeait le camp de vacances dans le Morbihan, le frère Gérard de la Vierge.

A droite, en arrivant à Saint-Parres-lès-Vaudes, se dresse la maison Saint Joseph, siège de la communauté. A gauche, vivent les sours dans une maison fort bien restaurée, autre signe de l'aisance financière de la communauté. « Ses membres ont participé aux travaux de restauration », signale toutefois le maire.

Les oies blanches

Cette communauté vit d'une façon totalement autonome, sans aucune relations avec la commune. « Elle organise ses camps de vacances sans nous avertir », déclare Bernard de la Hamayde. « Il n'y a aucun lien entre la mairie et elle », affirme-t-il. Cela semblait évident mais mieux vaut le préciser.

Pour le maire, la contre-réforme catholique n'a jamais posé de problème à Saint-Parres-lès-Vaudes. « A ma connaissance, personne n'a jamais eu d'ennui avec elle », dit-il.

Sauf que si l'abbé de Nantes est très discret, les membres de sa communauté le sont eux un peu moins. Midi et soir, les sours traversent la route nationale. Les habitants du Barséquanais les ont surnommées les « oies blanches ». Lorsqu'il fait beau, il n'est pas rare de voir les « frères » en soutane blanche faire du vélo dans la campagne. Ces derniers sont toujours d'une extrême politesse, saluant les gens sur leur passage. Mais cela ne veut pas dire qu'il faille pour autant leur donner le bon dieu sans confession. »


Libération Champagne, 12 juillet 1999.

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